La taxe carbone fait des vagues
Selon les sondages, et l’on sait à quel point les politiques s’y réfèrent frénétiquement, cette taxe carbone est éminemment impopulaire. Mais quelle nouvelle taxation ne le serait pas ? Le Président de la République a dû mettre les points sur les i : « c’est un choix historique, face au désastre environnemental mondial« .
L’environnement, alibi à portée de main ? Pas si simple. Cette taxe est destinée à financer un développement réellement durable, à nous éloigner de la consommation des hydrocarbures pour nous faire consommer des énergies propres. Jean-Marc Jancovici explique avec beaucoup de pédagogie l’urgence d’une telle fiscalité… Mais les choses ne seront pas simples : comment les salariés de province ou des zones rurales peuvent-ils se rendre au boulot autrement qu’en voiture, quand il n’y a ni métro ni transport en commun assez fréquent ? La redistribution proposée devrait aller en priorité à ceux qui ne peuvent se passer de voiture. Il ne sert à rien que les écologistes s’écrient haro sur la voiture alors que de nombreux automobilistes n’ont tout simplement pas le choix.
La taxe doit être progressive et doit permettre de financer des infrastructures durables.
Monsieur Rocard préconisait une taxe de 32 € par tonne de CO2 rejeté. Puis le premier ministre François Fillon a annoncé 14 € par tonne de CO2. Il faudra sans doute compter sur cette fourchette, entre 14 € et 32 €. Probablement plus proche de 20 € comme l’a demandé Nicolas Hulot. Mais attention : la progressivité demandée pourrait bien nous amener à 50 € puis 100 € la tonne émise à la fin du siècle. Mais d’ici là la production de pétrole aura largement eu le temps de décliner.




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