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Les décroissants

16 février 2009 Aucun commentaire

grdnDécroissance = récession ?

En temps de crise, il est facile de confondre récession/dépression économique et décroissance.

C’est d’ailleurs ce que font de nombreux journalistes pour jeter le discrédit sur la décroissance. Essayons d’y voir un peu plus clair, sans parti pris.

La brutalité d’une crise économique a tôt fait de discréditer la philosophie décroissante : mais la décroissance étant un mode de vie choisi, c’est déjà une nuance fondamentale avec une décroissance subie. Qui dit subie, dit aussi non préparée, non pensée, et forcément mal vécue. Selon le site Decroissance.info :

Pour mieux comprendre la signification du mot d’ordre de « décroissance », on devrait même parler d’« a-croissance » comme l’on parle d’a-théisme. La mouvance de la décroissance entend ainsi faire décroître l’empreinte écologique de nos sociétés, tout en remettant en cause l’économisme qui empreint nos imaginaires collectifs et individuels. C’est-à-dire qu’il faut par la décolonisation de notre propre imaginaire « sortir de l’Economie » pour la remettre à sa place, c’est-à-dire la réenchâsser dans le social et le politique, et plus largement dans nos vies. Pour une société où il y ait « plus de liens et moins de biens ! »

Enfants gâtés ?

Une autre des critiques qui reviennent souvent envers les décroissants, celle qu’on entend le plus, c’est celle-ci :

Il s’agit d’un caprice de gosses de pays riches, qui se sont trop gavés et font une pause de la surconsommation.

Certes, nos sociétés occidentales sont tellement gavées de produits inutiles par la surproduction industrielle, qu’il est tentant de labelliser « gosses de riches trop gavés » ces capricieux qui se paient le luxe de vivre autrement. Mais ce serait réducteur : les décroissants tentent avant tout de mettre en pratique une philosophie radicale, qui consiste à sortir de l’économie, pour cesser de détruire notre environnement et la santé humaine. Il s’agit d’une éthique de vie.

Ampleur du mouvement ?

Le magazine Psychologies précise l’ampleur du mouvement et son explication :

Aux Etats-Unis, environ 20 % de la population serait concernée, et plus de dix millions d’Européens auraient déjà modifié profondément leur manière de vivre.
On peut parler d’un étouffement des individus dans cette société dévorée par les objets et la technologie, souligne le psychanalyste Jean-Pierre Bigeault.

Les décroissants ont ceci de particulier qu’ils se démarquent de tous les mouvements productivistes, y compris de gauche. Et c’est bien pour cela qu’il est difficile de leur prêter une étiquette traditionnelle gauche-droite.

S’agissant de sortir d’une société de consommation qui étouffe, c’est une libération d’un carcan, et si tout le monde s’y mettait un soulagement pour la pression sur l’environnement.

Mais comme pour toute utopie, sera-t-elle possible à de plus larges échelles ? Pour les décroissants, tout reste à construire, ou à déconstruire.

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